La vérité malmenée.

Publié le par Le Panier d'Orties


Monique ANGERAND-BERGER, La vérité malmenée.





Trois histoires concernant des ascendants de l'auteur, dont la vie ou le souvenir ont été modifiés par les secrets de famille, les mensonges ou les omissions.
Part d'ombre, ces secrets alimentent les questions, les imaginations, les tourments des descendants qui ne se contentent pas de ce que l'on a bien voulu leur raconter, mais se mettent en quête de la vérité.

Nous suivons pas à pas les cheminements de l'enquête dans le monde des archives, et voyons peu à peu la vérité réapparaître.

 


Extrait


" Je suis né à Paris dans le Faubourg Saint-Denis au N°4 : c'était tout près de la Porte Saint-Denis où je jouais avec les gosses du quartier.

Mon père s'appelait Louis Angerand. Souvent il me prenait par la main et m'emmenait voir la colonne de la Bastille où figurent les noms des victimes des "Trois glorieuses" de 1830. Lui-même était un rouge. Edouard, mon frère, était plus âgé que moi. Ma mère avait une préférence pour lui, d'ailleurs il possédait quelques jouets, moi pas.
Pendant le siège de Paris, on avait mangé du rat. Un jour, ma mère m'a pris par la main, m'a acheté des bonbons (cela n'était jamais arrivé avant), et elle m'a abandonné. J'avais quatre ans.
"


Ce doit être à peu près en ces termes que mon grand-père racontait sa triste enfance à Paris. Souvent mon père m'en avait parlé, révolté contre sa grand-mère, ne comprenant pas, se posant mille questions auxquelles il ne pouvait apporter aucune réponse. Bien des fois il avait interrogé mon grand-père dont les larmes n'étaient jamais très loin, alors ils en restaient là.(...)

J'étais bien décidée à entreprendre des recherches, après tout mon grand- père était né à Paris, sa date de naissance était une certitude, il ne devait pas être trop difficile de trouver au moins un acte d'Etat Civil! (...)

Les registres des naissances de 1866 se trouvaient aux Archives de Paris, au 30 Quai Henri IV, dans le 4ème arrondissement. J’ignorais tout de leur fonctionnement.
Mon cœur battait fort quand je montai l'escalier de ce vieil immeuble parisien. 

 

 

 

Publié dans Les livres

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